3 jours qui ont arrêté le monde | Enquêtes sur Al Jazeera

Mi janvier 2020. Deux journalistes chinois ont été envoyés à Wuhan pour enquêter sur une mystérieuse épidémie de virus. C'est leur récit des trois jours avant l'entrée en lock-out de Wuhan. L'Organisation mondiale de la santé a tenu des réunions pour décider si l'épidémie était une urgence sanitaire mondiale. Il ne l'a pas considéré comme tel. À l'arrivée des journalistes, les habitants étaient occupés à préparer la prochaine célébration du Nouvel An chinois. À l'époque, on en savait peu sur le virus qui était à quelques jours de changer le monde. Puis vint une annonce charnière: la transmission interhumaine était confirmée. Les journalistes ont vu une ville de 11 millions d'habitants se transformer du jour au lendemain. La nonchalance initiale a été rapidement remplacée par la panique. Les gens ont commencé à porter des masques, les magasins ont été fermés. Ils ont fait la navette entre les hôpitaux de plus en plus saturés et le marché de fruits de mer de Huanan, à l'époque considéré comme l'épicentre de cette contagion. Et ils ont été arrêtés à chaque instant. Leurs rapports ont été censurés et leurs enquêtes bloquées. @AJIUnit


CONFINEMENT : L’ATTESTATION OFFICIELLE DE DÉPLACEMENT N’ÉTAIT PAS OBLIGATOIRE, SELON LE CONSEIL D’ETAT

L’ATTESTATION OFFICIELLE DE DÉPLACEMENT N’ÉTAIT PAS OBLIGATOIRE:

ALORS EN FAIT, ÇA NE SERVAIT À RIEN…

DANS UNE DÉCISION DU 22 DÉCEMBRE, LE CONSEIL D’ETAT AFFIRME QUE LE FORMULAIRE D’ATTESTATION DE DÉPLACEMENT DÉROGATOIRE, TÉLÉCHARGÉ, IMPRIMÉ ET REMPLI DES MILLIONS DE FOIS PAR LES FRANÇAIS LORS DES DEUX PÉRIODES DE CONFINEMENT, N’AVAIT PAS PLUS DE VALEUR QU’UN AUTRE JUSTIFICATIF LÉGITIMANT LE DÉPLACEMENT.

L’autorité administrative suprême écrit en effet : « L’obligation, pour les personnes souhaitant bénéficier des exceptions à l’interdiction de sortir, de se munir d’un document leur permettant de justifier que leur déplacement entrait bien dans le champ de ces exceptions ne prévoit aucun formalisme particulier, de sorte que tout document apportant des justifications équivalentes peut être produit à cette fin. » Traduction : une attestation d’employeur ou une ordonnance, par exemple, suffisait tout à fait pour se déplacer si nécessaire.

De même, dans le cas d’une sortie pour faire les courses, par exemple, il n’était pas nécessaire d’avoir le fameux formulaire : « A première vue, du moment qu’on se trouvait dans un des cas de dérogation prévus, une attestation sur l’honneur faite à la main, même sans recopier à la lettre le texte de l’attestation officielle, était suffisante » , confirme le professeur de droit public Michel Verpeaux.

2.924.775 CONTRÔLES

La décision rejette la demande d’annulation par un particulier du décret du 23 mars « prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de Covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire« , mais indique clairement l’inutilité juridique des attestations. « Le Conseil d’Etat l’avait déjà dit en filigrane, mais là il l’a dit dans une formation solennelle, donc c’est on ne peut plus clair, commente l’avocat Eric Morain. Beaucoup de juristes l’ont dit depuis le départ : dans les textes, il n’y avait aucune disposition qui visait l’attestation dérogatoire, ils ne faisaient que lister les cas possibles de dérogation. » Un petit fiasco pour le gouvernement…

« L’obligation de se munir d’un tel document, qui est dépourvue d’ambigüité et contribue à garantir le respect des mesures de confinement, ne conduit donc pas, contrairement à ce qui est soutenu, à méconnaître les principes de légalité des délits et des peines et de nécessité des peines« , continue toutefois le Conseil d’Etat, affirmant ainsi qu’un justificatif valable était tout de même nécessaire pour avoir le droit de se déplacer.

Le 10 décembre, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, indiquait que les forces de l’ordre avaient réalisé 2.924.775 contrôles depuis le début du confinement. Dont combien ayant entraîné une verbalisation faute d’attestation « officielle », et finalement injustifiée ?

L’attestation officielle de déplacement n’était pas obligatoire, SOURCES :

 


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